Dakar CrocoAventures Sherco : Beaucoup de choses à dire et lire

Le Dakar 2014 connaît ici un premier épisode montagneux en pénétrant dans la pré-Cordillère. Du haut de ses 6 962 mètres, le volcan de l'Aconcagua guette la progression des concurrents. Les motards sont montés en spéciale jusqu'à 4 300 mètres, sur une ligne de crête leur offrant cette extraordinaire impression de dominer l’Amérique ! Impressionnant donc ces 243 kilomètres d'une spéciale légèrement amputée pour éviter des terrains dégradés en première partie de parcours.



La redescente les ramène à leur exigeante réalité de pilotes du Dakar puisqu'ils n'ont accompli que la première partie de cette étape marathon. Ce soir, il leur faut assurer eux-mêmes la mécanique au bivouac isolé qui leur a été préparé à San Juan.

Le Live du Jour : Beaucoup de choses à dire...
En direct du Dakar, par Nicolas Chaix, Team Manager depuis San Juan

"Beaucoup de choses à dire… alors qu’à priori cela devait être, étape marathon oblige, un mag… sans news ! En effet les pilotes sont ce soir dans un campement militaire à l’écart de leurs assistances respectives.

"Tout d’abord, encore un grand bravo à Alain (Duclos) qui maintient sa place dans les 4 premiers de l’étape et du général. Il m’a expliqué que ce matin (hier) il n’avait pas la pêche et qu’il ne se sentait pas bien sur la moto. Il a donc décidé de ne pas chercher les limites et de se laisser porter par son propre rythme. Et puis finalement, le terrain cassant et très piégeux de cette spéciale lui a plu et il a tenu son rang, finissant avec Chaleco (Lopez) et arrivant au bivouac marathon de San Juan où seule la moto de Barreda (Honda) était déjà arrivée. "La moto va super, rien à signaler, je reste calme et je me sens bien dans ce wagon de tête, dans lequel je compte bien faire ma place", nous a commenté à distance Alain. Physiquement, je ne ressens aucune douleur et je suis bien content d’en avoir terminé avec cette étape. Elle était difficile et sur certaines portions j’ai dû me forcer à ralentir pour ne pas me sortir d’un virage ou me prendre un de ces innombrables rochers. D’ailleurs, je crois qu’il y a eu de la casse, avec Faria et Verhoeven… Allez ! Je vais m’occuper de ma moto et on se rappelle."

UN AUTRE TON
"C’est un autre ton avec Juan. Quelques soucis techniques dans la matinée avec un moteur  qui a pris l’eau et qui a ratatouillé pendant quelques temps. Mais il a surtout perdu sa trace et dévié dans une mauvaise direction qui l’a emmené trop loin perdant énormément de temps. Lui aussi doit s’occuper de sa moto, de sa fatigue et sa grande frustration…

"Les pilotes de ce marathon vont devoir, seuls, réajuster leurs niveaux d’huile, leurs niveaux d’eau de refroidissement, vérifier le filtre à air, et jeter un regard attentif à toutes les parties sensibles de la moto, surtout s’ils ont de temps en temps fleureté avec les rochers et fait souffrir leurs montures. C’est le charme et l’intérêt des étapes marathon qui redonnent un air d’aventure et d’incertitude, ce qui plairait bien aux anciens et aux créateurs de cette belle course.

LA MESAVENTURE D’AXEL
"Francisco (Erraruriz) est arrivé lui aussi au bivouac et nous sommes pour l’instant sans nouvelle d’Axel… J’en profite pour vous raconter ce qui lui est arrivé la veille (étape 2). Alors que, Axel abordait le début de la partie des dunes noires, il passe une crête et tombe sur sa droite en descendant, quelques mètres en contrebas. Il se relève et redresse sa moto quand soudain un vacarme surgit et une auto heurte violemment son guidon côté gauche lui arrachant la moto des mains. Il reconnaît le très célèbre Carlos Sainz et fait quelques pas vers sa moto une nouvelle fois couchée sur le flanc, la voiture de course disparaissant au loin sans s’être arrêtée une seule seconde !

"Axel (Heilenkotter) repart mais quelques kilomètres plus loin, il stoppe et va s’asseoir au calme de la course. Il revoit la scène sans cesse et ne peut s’enlever de l’esprit des images sans commentaire qui le terrassent. Quels auraient été les dégâts s’il était tombé du côté gauche ?… Un choc incroyable, plus de jambe… plus rien… ? Difficile derrière ça de se reconcentrer et de reprendre la route. Mais c’est un guerrier et c’est avec détermination qu’il est arrivé tard au bivouac de San Rafael.

"Nous ne pouvions pas rester sans réagir et c’est auprès des officiels de la course que nous nous sommes retournés, pour comprendre ce qu’il s’était passé et pour intervenir s’il le fallait. Les motards ne sont pas, et ne doivent pas devenir les paillassons des pilotes voitures en quête de sensations fortes !
"Vers 20 heures les esprits s’apaisent quand le grand Carlos (Sainz) apparaît sous nos tentes pour s’excuser personnellement et expliquer en espagnol à Axel qu’il l’a vu au dernier moment et que, même au prix d’un virage de dernière minute, il lui a été impossible de l’éviter…
"Des excuses valant plus que toutes autres explications, Axel et tout le team en prennent acte, notant que l’ibère, n’en étant pas à son coup d’essai, ne s’est jamais déplacé de la sorte…

Nicolas Chaix,


Marie-France Estenave pour MFE-Live.com

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