Editorial Raid

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MFE-Live.com - Actus du Dakar

Dakar : Les sempiternelles questions à Etienne Lavigne...

 

La vue du Pacifique au petit matin n’est pas de taille à alanguir Étienne Lavigne. Le patron du Dakar, à l’heure du petit déjeuner, est toujours au taquet pour en découdre avec les préjugés qui entourent encore une épreuve parfois mal-aimée des Français.

Le Dakar est une course de machos - "C’est pas qu’on accepte pas les femmes, c’est qu’elles ne viennent pas. C’est vrai que c’est une course difficile, et que c’est plutôt une course d’homme. Moi je serai ravi qu’il y en ait plus, ce serait plus sympathique. Les attirer ? J’adorerai mais elles ne viennent pas parce que c’est peut être trop dur pour elles, qu’elles ont peut être un a priori. L’environnement est difficile, il fait chaud, c’est sale, c’est rugueux comme compétition. Le sport auto n’est pas très féminin, et qui plus c'est le Dakar." 

Le Dakar détruit le patrimoine local – "Ça fait partie des oripeaux qu’on traine depuis très longtemps. Mais le Dakar a fait sa mutation. Avant même de venir en Amérique du Sud. On a cette priorité de préserver l’environnement, on dépense beaucoup d’argent pour ça, entre 130.000 et 140.000€. Quand on fait les reconnaissances du Dakar, on emmène des archéologues, des paléontologues, des personnes en charge de l’environnement. Il y a quelques années, ce n'était pas le cas. Au Pérou, l’année dernière, nous avons trouvé une momie. Ici, il y a une richesse étonnante. Les Péruviens n’ont pas forcément la sensibilité environnementale qui règne en Europe. Le Dakar est le seul qui compense son empreinte carbone. Je ne suis pas sûr que Bernie Ecclestone (le grand argentier de la Formule 1) le fasse rapidement. Il faut sortir un peu de l’image du 'garageot' qui pollue. C’est fini ça. Cette vision très franco-française est très passéiste."

Le Dakar, est moins dur qu’avant – "Cela fait partie des 'conneries' que l’on entend. Il y a 50% de gens qui vont arriver au bout, voire un peu moins. C’est une course extrême, avec malheureusement beaucoup de drames. C’est pas une promenade de santé. Ce sont 8.000 kilomètres à parcourir travers des territoires sublimes mais extrêmement risqués. Quand il fait 45° avec un casque de moto et une combinaison dans le sable… Les gens qui partent ne savent pas s’ils vont aller jusqu'au bout. Certes Peterhansel ne pleure plus. Mais les autres pleurent ! Ce ne sont pas des enfants de cœur que nous emmenons: ce sont des costauds, qui se sont entraînés, plutôt le profil guerrier."

Les pilotes sont des chauffards – "C'est une vieille légende africaine, elle remonte au temps de Claude Brasseur… La page est tournée ! Tous les véhicules sont géolocalisés, nous connaissons la vitesse de chacun. Ils peuvent être puni en cas d'excès sur les liaisons. Dix minutes de pénalité à un leader devient un séisme ! Pour les assistances, des amendes financières tombent. En leur collant 1.500 ou 2.000€ sur la tête, ça calme ! Au Pérou, 15.000 policiers sont mobilisés. La difficulté, ce sont 53 cultures différentes au code de la route, entre un Kazakh, un Coréen et un Sud-africain, et Robby Gordon qui fait le 'clown', faut trouver un juste milieu. Ce ne sont pas des fous furieux, mais les gens ont des comportements d'hommes de la course."

Antoine Maes - 20 Minutes,


Marie-France Estenave pour MFE-Live.com

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