Editorial Raid

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Morocco Desert Challenge 2019

Turkmen Etape 3: Une journée riche en émotions

DARWAZA - TURKMEN LAKE : 256,61 KM
La 3ème étape de la Turkmen Desert Race a encore donné de bonnes suées aux concurrents. Les dunes périlleuses du désert turkmène ont causé quelques soucis mécaniques et de navigation à pas mal d’équipages, il fallait être prudent et concentré pour réussir à franchir la ligne d’arrivée.

Même sentence pour les assistances qui ont du traverser 150 km de piste pour rejoindre le bivouac, de nuit pour certains…

DES DUNES ET DES PROBLEMES
Au rendez-vous de ces 236,64 km de spéciale, des pistes rapides mais sinueuses ont offert un terrain de jeu peu évident pour les concurrents. René Metge les a fait longer le chemin de fer parsemé de parcelles sablonneuses et de traversées de lacs secs pour rejoindre un canal abandonné totalement vide que le roadbook leur faisait emprunter sur plusieurs kilomètres. Les véhicules ont ensuite rejoint un petit erg qui les a guidé vers un des rares ponts du Turkménistan avant d’arriver sur des pistes très rapides sur les hauteurs du lac de Karakum.

Pour certains, tout s’est bien passé, comme pour Nani Roma (ESP - MINI), vainqueur de sa 2ème étape sur le rallye. Le catalan a pu compter sur son co-pilote Alex Haro qui lui a parfaitement indiqué le tracé. La paire catalane rend une copie parfaite et un carton affichant le meilleur chrono du jour en 3h03mn35.

Sur leur route, ils ont donc dépassé la Peugeot de Harry Hunt (GBR) et Wouter Rosegaar (NEL) tombée en panne au kilomètre 105. De quoi permettre à Roma de gérer sa course sans trop forcer et de laisser parler son expérience pour conforter son avance au général.

Une journée compliquée donc pour le vainqueur de la veille qui a dû laisser sa voiture sur la camion balai puisque la boîte de vitesse a lâché après 100 km de spéciale.

Carton plein pour le camion Kamaz d’Airat Mardeev (RUS) qui termine 2ème, 17mn28 derrière le leader. Il termine juste devant le Hummer de Miroslav Zapletal (CZE) qui profite des malheurs des autres, car malgré une erreur de navigation en début de parcours, le Tchèque a vu la Mini du Turkmène Hojaguly Annamammedow sortir de la piste en faisant 3 tonneaux. Un accrochage impressionnant mais sans blessures pour l’équipage qui a pu terminer la spéciale.

Le premier T2 est le Nissan des Kazakhs Kirill Chernenkov et Alexey Mun.

DES HEUREUX MALGRE TOUT
Chez les SSV, honneur à Papi Ruffier ! Ce pilote de 79 ans, termine 1er de sa catégorie et a rejoint le bivouac tout sourire. Jean-Claude a même été applaudi par le patron Jean-Louis Schlesser lors de son passage au CP1 passant dans les 20 premiers. Son Can-Am, très bien guidé par son co-pilote Jérome Bos s’est faufilé au milieu des dunes en suivant à la trace le roadbook. Le doyen de la course a donc pu profité du bivouac et de l’accueil des turkmènes : "ils sont supers, il y a du savon, des serviettes et même du dentifrice dans les douches ! C’est incroyable ce qu’ils font, cette organisation est une pure réussite, autant du côté des turkmènes que du côté des équipes de Jean-Louis."

Eux aussi avaient le sourire aux lèvres en arrivant au bivouac mais pas pour les mêmes raisons. Mathieu Serradori (FRA) et Fabian Lurquin (BEL) étaient juste soulagés d’en finir avec une nouvelle journée de galères. Un nouveau souci mécanique leur fait perdre plus de 2 heures et tout espoir de finir sur le podium de la 1ère édition de la Turkmen Desert Race. Un podium qui semble en revanche bien destiné à Nani Roma qui compte désormais près d’1h d’avance sur son poursuivant Zapletal. La 3ème marche revient pour l’instant au camion de Mardeev qui ne pointe qu’à 9mn du Tchèque.

Mais peu importe le résultat, qu’ils soient concurrents ou dans l’assistance, tous étaient ravis de découvrir la vue sur le lac bordant le camp du soir. En attendant les derniers, ils ont partagé leurs mésaventures, toujours dans un esprit de solidarité, à s’entraider pour partager des affaires en attendant l’assistance, le tout pendant que des cavaliers turkmènes paradaient au milieu des véhicules au coucher de soleil.

Ils ont dit...
Nani ROMA (ESP - MINI) : "C’était une spéciale exigeante avec des parties de vieilles pistes recouvertes par le sable et les dunes. Il y avait des chotts à traverser et la navigation était difficile. D’ailleurs je suis allé tout droit au lieu de tourner à gauche au kilomètre 6, un faute d’inattention de ma part, et j’ai eu du mal à retrouver la bonne piste. Après le CP2, c’était plus roulant, on a dépassé Hunt qui était arrêté et on a pu gérer la suite sans prendre de risques. Si on continue comme ça on peut gagner, maintenant on doit rester concentrés et ne rien lâcher pour ne pas faire d’erreur."

Airat MARDEEV (RUS - KAMAZ) : "Nous sommes contents, c’était une spéciale intéressante avec un terrain différent de ce que nous avons pu voir jusqu’à présent. Les pistes étaient sinueuses, il y avait beaucoup de navigation, je suis très satisfait du travail de mon jeune co-pilote. Nous avons réussi à voir la Mini de Roma et avons pu suivre la bonne piste alors qu’il n’y avait pas vraiment de traces."

Fabian LURQUIN (BEL - MCM) : "Aujourd’hui notre problème vient d’une poulie de courroie d’alternateur qui s’est desserrée. Heureusement nous ne l’avons pas perdue et on a pu réparer, ça nous a pris 2h environ. Maintenant bien sûr, ça va être compliqué d’atteindre le podium qu’on visait au départ… On espère juste ne plus avoir de soucis pour faire de bons résultats sur les 2 dernières spéciales."

Jean-Claude RUFFIER (FRA - CAN-AM) : "C’était une spéciale très sympa avec des passages rapides mais surtout des dunes qu’on a pu franchir sans trop de soucis avec notre SSV. C’était tout de même périlleux, elles étaient très pentues ! La navigation n’était pas évidente non plus, Jérome a très bien géré. On a vu beaucoup de casses mais nous sommes passés en suivant le roadbook à la lettre et nous sommes contents d’être 1er SSV aujourd’hui. C’était plaisant, un peu comme le désert de Mauritanie, le pilotage était parfois technique. J’aime la compétition même si je suis ici en vacances, à 79 ans, faut quand même être un peu gonflé pour faire ça !"


Marie-France Estenave pour MFE-Live.com

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